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PROTHESE TOTALE DE HANCHE DOULOUREUSE

Après implantation récente d’une prothèse totale de hanche, des douleurs inguinales peuvent rappeler à l’opéré sa symptomatologie préopératoire et gâcher le résultat escompté. 

La radiographie standard et la biologie élimineront en priorité les complications graves (désolidarisation entre os et implant, infection).

La tendinite des fléchisseurs de hanche est un incident relativement fréquent, surtout après chirurgie par voie antérieure. Avec 2 idées reçues récurrentes : le « psoas, éternel coupable » et un « débord de la cupule » sont systématiquement accusés. 

La bursite du posas

Le muscle ilio-psoas, élément puissant de la statique rachidienne, est un moteur de la flexion de la cuisse sur le tronc. Le tendon réunissant le muscle iliaque et le muscle psoas frotte naturellement sur le bassin. C’est pourquoi il possède une bourse, c’est-à-dire une zone de glissement physiologique. L’inflammation de cette bourse peut, certes, être la conséquence d’un conflit anormal avec la prothèse, mais est plus souvent liée au fait que la friction du tendon ne se situe plus dans son étroite zone de confort. C’est le cas avec les implants fémoraux qui écartent l’axe du fémur ou lorsque l’allongement est excessif. C’est aussi le cas lorsqu’une seule hanche est opérée alors que les deux sont atteintes. La tendinite du psoas est à distinguer des crampes observées lorsque la hanche a été raccourcie par l’intervention. 

La tendinite ou la bursite du psoas est diagnostiquée en position assise, lorsque le lever de cuisse est douloureux ou rendu impossible par la douleur. L’examen-clef est l’échographie. 

La tendinite peut disparaître avec le streching (obtenu en particulier par la position du chevalier servant). La bursite peut être réduite par une infiltration écho guidée de cortisone. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens par voie orale ne sont pas efficaces. 

En cas d’échec du stretching et de l’infiltration, une section chirurgicale du tendonsous contrôle radio et vidéo, percutanée et ambulatoire est la solution radicale. 

Le principe de la ténotomie per cutanée du psoas en 3 photos et une vidéo

La tendinite du droit antérieur, fléchisseur et seul composant du quadriceps attaché sur le bassin, peut aussi donner des douleurs antérieures, plus souvent après chirurgie par voie postérieure. Une douleur sacro-iliaque y est souvent associée (en haut de la fesse). A l’examen clinique, la douleur inguinale survient lorsque le patient soulève le membre inférieur en position couchée. L’échographie est peu contributive, sauf si elle permet d’éliminer le diagnostic précédent. L’origine de la lésion est souvent posturale (sensation d’excès de longueur ou de bassin oblique). C’est pourquoi elle répond bien à l’ostéopathie, aux semellesproprioceptives. Une infiltration tendineuse à la cortisone est malgré tout parfois indiquée.

Cette complication n’est jamais chirurgicale.

L’atteinte du nerf cutané latéral de la cuisse (appelé aussi fémoro-cutané) est une complication possible de la voie antérieure. C’est un diagnostic d’élimination. L’échographie ou l’électromyographie détecte parfois un névrome. 

Ce nerf est  uniquement sensitif. Il n’y a donc pas de paralysie à craindre. Sectionné, il entraîne une anesthésie en raquette sur le côté et devant la cuisse. La complication la plus fâcheuse est un névrome, survenant lorsque qu’une micro-branche nerveuse est prise dans la suture ou une adhérence cicatricielle.

Les douleurs sont particulières : imprévisibles dans l’horaire de survenue, dans le geste déclenchant, ou même dans leur siège.

Le traitement est chirurgical et consiste à redécouper la cicatrice et le fascia profond, à les peler et refermer différemment.