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FAQ

La prothèse articulaire en 27 questions

Qu’est-ce qu’une prothèse articulaire ?

La prothèse articulaire est une articulation synthétique mise en place lors d’une intervention chirurgicale (l’arthroplastie), et destinée à remplacer l’articulation naturelle lorsque celle-ci devient douloureuse ou usée.

Elle rend les mêmes services : indolence, mobilité, stabilité.

Une prothèse est « totale », lorsque toutes les surfaces articulaires sont remplacées.

Une prothèse articulaire, dans quel cas ?

Lorsque le handicap lié à l’usure articulaire est trop gênant, et que le traitement médical n’est plus efficace (anti-inflammatoires, infiltrations, rééducation), la mise en place d’une prothèse est la solution qui s’impose.

La prothèse n’est pas un simple remède contre la douleur. En libérant une articulation devenue ankylosée, la prothèse permet aussi de soulager les articulations satellites, et ainsi réduire l’incidence du handicap sur la qualité de vie.

Qui prend la décision opératoire ?

Le rôle de l’équipe médicale est d’aider le patient à prendre cette décision, en connaissance de cause c’est à dire après lui avoir bien exposé les risques et les bénéfices de cette chirurgie. Il s’agit d’une chirurgie fonctionnelle non urgente, c’est-à-dire que ses jours ne sont pas mis en danger. Le seul risque d’une attente trop longue est de voir les articulations satellites se dégrader inutilement.

Quelles maladies peuvent conduire à l'indication d'une prothèse ?

En dehors d’une fracture, ce sont des maladies rhumatismales. La plus fréquente est l’arthrose. L’origine de l’arthrose est mécanique, congénitale ou acquise. La nécrose osseuse et les arthrites inflammatoires sont des motifs moins fréquents d’arthroplastie.

Les matériaux utilisés ?

Une prothèse articulaire est constituée par plusieurs couches de matières : jusqu’à 8!

Les matériaux au contact de l’os doivent permettre l’ostéo intégration, c’est-à-dire la repousse au contact de la prothèse. Le métal peut être recouvert d’hydroxy apatite de calcium (os synthétique) pour accélérer cette repousse. L’alternative à cette fixation biologique, assimilable à la consolidation d’une fracture, est l’utilisation d’un ciment chirurgical (colle acrylique).

Les matériaux articulaires sont eux choisis pour leur faible usure à la friction et à la fatigue.

Les choix sont faits par le chirurgien, en fonction de son expérience, mais aussi du patient : âge, poids, maladie en cause, activité.

Il n’existe pas de matériaux inusables, ni incassables. Tout matériau implanté doit pouvoir être retiré si besoin.

Durée de vie des prothèses articulaires ?

Les progrès nous conduisent régulièrement à adopter de nouvelles technologies. Les prothèses actuelles n’existaient pas 15 ou 20 ans auparavant. Il est donc impossible de répondre formellement à la question : combien de temps va durer ma prothèse? La ré intervention pour changer tout ou partie de la prothèse est un évènement indésirable, mais n’est pas une complication et doit toujours être envisagée dans la vie du patient prothèse au-delà de 20 ans d’implantation.

Quels sont les principaux inconvénients et risques précoces de l'arthroplastie ?

Toute opération comporte des risques et les maladies associées majorent ces risques. Le travail de l’équipe chirurgicale est de prévenir ces complications, dans la mesure du possible.

L’hématome est inévitable à partir du moment où l’os est sectionné (les globules rouges sont fabriqués dans les os). Le plus souvent l’hématome se résorbe spontanément. Une ecchymose (coloration bleue de la peau sans collection) ne doit pas être confondue avec un hématome.

L’infection aigue est rare. La contamination se fait par la peau ce qui justifie les précautions draconiennes entourant cette chirurgie : atmosphère stérile, préparation maniaque du site chirurgical en unité de soin et au bloc opératoire, administration préventive d’antibiotiques…

La phlébite (caillot dans une veine) est prévenue par un traitement systématique à base d’anticoagulants et par le lever précoce. Toutefois, sa survenue possible et sa gravité potentielle (embolie pulmonaire) doivent inciter l’équipe chirurgicale à en dépister les signes et au moindre doute faire réaliser un examen doppler.

Une fracture osseuse lors de l’impaction des implants n’est souvent dépistée que secondairement. Cet évènement fâcheux justifie les radiographies post opératoires immédiates, puis répétées.

Hématome, infection ou fracture peuvent nécessiter une ré intervention en urgence.

L’arthroplastie est-elle une opération a risque vital ?

Toute intervention, et l’anesthésie qui l’accompagne, fait courir un risque. Si l’état général du patient est bon, ce risque est minime. Si l’état général est précaire (grand âge, maladies graves du cœur et du poumon, obésité), ce risque doit être parfaitement évalué et expliqué avant l’intervention, en particulier lors de la consultation de pré anesthésie.

Rappelons qu’en dehors d’une fracture du col du fémur, la mise en place d’une prothèse de hanche reste une intervention de confort.

Quels sont les principaux inconvénients et risques tardifs de l’arthroplastie ?

L’usure et ses conséquences sont des phénomènes inéluctables au-delà de 20 à 25 ans d’implantation. Indolore, car les métaux et plastiques ne contiennent pas de nerfs, elle justifie la surveillance radiologique régulière des prothèses. L’usure peut conduire à une ré intervention.

Le descellement, c’est-à-dire la rupture des moyens d’union entre os et implants, qu’ils soient cimentés ou non, conduit à la réapparition de douleurs et à une ré intervention probable. La fatigue du ciment (pour les prothèses cimentées) ou de l’os pour les prothèses sans ciment, ainsi que la nocivité des débris d’usure peuvent être à l’origine du phénomène. Le diagnostic de descellement repose sur la radiologie, la scintigraphie et le scanner. Sa survenue peut être rapide et on parle alors de non fixation primitive. Elle est plus fréquemment tardive et souvent associée à l’usure.

L’infection tardive survient le plus souvent par voie sanguine à partir d’un foyer infectieux distant (dents, urine, poumon,…), soulignant au passage l’intérêt d’une évaluation pré opératoire de ces sites (analyses d’urine et de sang), et plus tard d’une hygiène de vie irréprochable pour le porteur de prothèse articulaire. L’infection conduit le plus souvent à un descellement et à une ré intervention.

La rupture d’implant, en particulier du composant fémoral métallique ou d’une tête en céramique, est un évènement rare et fâcheux qui conduit à une ré intervention souvent difficile et urgente.

Un rejet est-il possible ?

Non, c’est un terme impropre. Le « rejet » caractérise plutôt l’échec d’une greffe. Les matériaux industriels entrant dans la composition des prothèses sont bio compatibles et les phénomènes d’allergie sont extrêmement rares. Des tests réalisés en service de dermatologie peuvent lever le doute sur une allergie suspectée au chrome, au cobalt, ou au nickel.

Les débris d’usure sont toxiques et peuvent entraîner des phénomènes inflammatoires douloureux (granulome, ostéolyse, descellement). Enfin, une infection de la zone prothésée peut prendre l’allure d’un rejet.

Quel est l’intérêt de la consultation pre-anesthésique ?

Elle est obligatoire (décret n° 94-1050 du 5 Décembre 1994). Elle ne doit pas être confondue avec la visite (en clinique) pré anesthésique, effectuée en règle la veille de l’intervention.

La consultation pré anesthésique doit être effectuée dans un délai suffisant pour arrêter un éventuel traitement incompatible avec l’anesthésie ou la chirurgie (anticoagulants par exemple). Elle permet de choisir entre une anesthésie générale ou une anesthésie loco-régionale (rachi anesthésie le plus souvent), chaque méthode ayant ses avantages et ses inconvénients. Elle permet de passer en revue les différentes techniques de transfusion.

Faut-il faire systématiquement une transfusion ?

La transfusion de sang autologue (provenant d’un donneur compatible) est le plus souvent inutile après prothèse de hanche. L’évolution récente des techniques opératoires (chirurgie mini-invasive) a en effet permis de réduire l’hémorragie opératoire.

Seule la chirurgie de reprise (changement de prothèses usées) ou une prothèse de genou difficile peut nécessiter une transfusion classique.

Les sujets modérément anémiques pourront bénéficier de l’administration d’EPO.

Le sang peut être récupéré pendant l’intervention et recyclé à la fin de celle-ci par une machine appelée Cell Saver.

Différentes méthodes peuvent être combinées en fonction des besoins et des habitudes de chaque équipe. Le plus souvent l’Anesthésiste prend en charge la stratégie transfusionnelle.

Quelle est la durée l’intervention ?

S’il s’agit d’une indication d’arthrose banale et en dehors d’une morphologie particulière, la durée de l’intervention excède rarement une heure. Une reprise peut nécessiter 2 ou 3 heures.

Il est nécessaire de ne pas confondre la durée de l’acte opératoire et le séjour au bloc. Le patient passe en effet une à plusieurs heures en « salle de réveil », équipée comme une réanimation, et adaptée à la gestion des problèmes douloureux.

Ainsi, il regagnera sa chambre réveillé et détendu.

Quelle est la durée de l’hospitalisation ?

3 jours d’hospitalisation sont suffisants pour une prothèse de première intention. L’intervention peut même être envisagée en ambulatoire. Le retour à domicile après prothèse de hanche simple est la solution recommandée par ADMORTHOPEDIE.

Dans le cas d’une chirurgie de reprise, l’attente d’une place en centre de rééducation ou un léger retard dans le réapprentissage de la marche peuvent justifier un séjour plus long.

Faut t’il aller en centre de rééducation ?

L’hospitalisation en internat dans un centre de rééducation fonctionnelle peut être justifiée pour une personne isolée ou âgée, ou dans un cas complexe (par exemple : ne permettant pas la reprise immédiate de l’appui).

Dans les autres cas, le retour à domicile est préférable.

Qu’est-ce que le dossier de sortie ?

C’est un document important qui résume toutes étapes de l’hospitalisation : compte rendu opératoire, suites cliniques, valeurs biologiques essentielles de sortie, radiographie post opératoire immédiate, devenir du patient, date de la visite de contrôle.

Combien de temps sans conduire ?

L’usage de cannes anglaises est incompatible avec la conduite automobile. Soit pendant 2 à 4 semaines.

Combien de temps dure l'arrêt de travail

Cela dépend du type de travail. Un travail sédentaire pourrait être repris une ou deux semaines après l’intervention. Un travail de force nécessitera 3 ou 4 mois. Un mois de convalescence parait être un minimum à suggérer.

Peut-on vivre normalement avec une prothèse ?

Oui si l’hygiène de vie est rigoureuse, sans excès de charge, ni chocs trop répétés.

Non si la vie « normale » est celle d’un kamikaze.

L’activité physique est plutôt conseillée car elle entretien le tonus musculaire, nécessaire à la robustesse du squelette. De plus, le jeu articulaire lubrifie naturellement l’articulation synthétique. Une articulation souple s’use donc plus lentement.

Enfin la longévité prothétique passe par la traque aux infections périphériques : dentaires, vésicales, pulmonaires pour les plus courantes.

Combien de temps pour oublier sa prothèse ?

Six mois à un an. Au-delà, seule la musculature peut encore progresser, notamment dans un cas complexe.

La prothèse sonne t’elle aux portillons des aéroports ?

Compte tenu de la masse métallique, la prothèse peut effectivement déclencher l’alarme des portiques de détection. Une attestation du chirurgien permet de franchir ces obstacles sans encombre.

Quels sports pratiquer avec une prothèse de hanche ?

Les sports sans impacts et sans risque d’entorse sont plutôt recommandés si l’état général le permet : natation, vélo, gymnastique au sol. Les activités avec risque de luxation sont déconseillés : arts martiaux, football, tennis. Enfin, la course à pied, source de chocs répétés n’est pas idéale mais n’est pas interdite. Sa pratique régulière peut conditionner le choix des matériaux prothétiques.

Faut-il faire des visites de contrôle, même si tout va bien ?

Oui, car l’usure n’est pas douloureuse et seul l’examen chirurgical avec radiographie à l’appui permettra, s’il est pratiqué régulièrement, de ré-intervenir avant que les dégâts ne soient considérables. Un couple de friction traditionnel (métal ou alumine sur polyéthylène) peut motiver une revue annuelle. Un couple « dur-dur », métal-métal ou alumine-alumine devrait permettre d’espacer les visites de contrôle (tous les 3ans).

Dans quels cas est-il nécessaire de faire une greffe d'os ?

Lors d’une première implantation, une « auto-greffe » peut être nécessaire pour compléter l’assise d’un composant. Dans ce cas, l’os du patient lui-même est utilisé.

Lors d’un changement d’implant pour descellement, le recours à des greffes peut être utile pour recréer un environnement osseux propice à l’ostéointégration (la fixation biologique). Dans ces cas on utilisera soit une « allo greffe » (os humain irradié, congelé, ou dénaturé par des solutions chimiques), ou un « substitut osseux » (os synthétique).

Dans tous les cas, il ne s’agit pas d’une authentique greffe, en ce sens que seule la trame minérale est implantée puis naturellement recolonisée et transformée en os vivant dans un second temps. Ce temps d’adaptation doit faire différer la remise en charge.

L'ostéoporose est-elle un inconvénient ou une contre indication à la prothèse ?

L’ostéoporose est la traduction du vieillissement du squelette. Le phénomène devient pathologique lorsqu’il engendre des fractures quasi spontanées. Pour autant ces fractures consolident comme les autres. Ainsi l’implantation d’une prothèse de hanche sans ciment est parfaitement possible en cas de fracture du col du fémur.

Quand faut-il faire une prothèse sur-mesure ?

Lorsqu’aucun modèle de série ne peut convenir.

Un plan pré-opératoire systématique, réalisé à partir d’un scanner procure une analyse précise de la situation. Une approche attentive de ces cas particuliers (malformations, sévères ou non) permet la réalisation d’1 ou 2 composants plus couteux et occasionnant un délai supplémentaire, mais garantissant une parfaite restauration articulaire.

Quel est l'intérêt de la planification opératoire ?

La planification pré-opératoire peut être d’une grande utilité au chirurgien, en particulier pour éviter une différence de longueur des membres ou se trouver confronté à une situation particulière pour laquelle aucun implant standard ne saurait convenir. Cette planification peut être réalisée à partir de coupes scanners en utilisant un logiciel spécifique.