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Conflit fémoro-acétabulaire (CFA)

Le CFA : une source fréquente de douleurs de hanche chez le sujet jeune (Enquête épidémiologique prospective Hanches Douloureuses Mécaniques < 50 ans SFA 2009).

Cette pathologie dynamique se caractérise par le contact anormal en butée du col fémoral sur le pourtour du cotyle lors de la flexion de la hanche.

Contact anormal entre fémur et bassin lors de certains mouvements

Le CFA peut se développer lors de la croissance. Certains sports à grandes amplitudes (Football, Gymnastique, Sport de combats, Danse, Yoga) sont des pourvoyeurs naturels de conflit. Des anomalies constitutionnelles peuvent aussi réduire les amplitudes articulaires et favoriser le conflit. Enfin, un glissement de la tête sur le col du fémur, appelé épiphysiolyse, peut affecter l’adolescent. Pour terminer, une fracture du col du fémur mal consolidée peut aussi être le mécanisme d’un CFA.

le CFA doit être évoqué devant l’apparition :

  • d’une douleur au pli de l’aine,
  • d’une raideur (pas de rotation interne de hanche en flexion) ou d’une boiterie

le test clinique : rotation interne diminuée en flexion, douloureuse.

Classification

On peut opposer 2 catégories de conflit : par effet-came ou par effet-pince.

  • l’effet-came résulte d’une bosse ou d’un plat sur le col fémoral, normalement creusé*
  • l’effet pince  est la conséquence d’une paroi antérieure du cotyle trop couvrante, à l’origine d’un contact prématuré avec le col fémoral.

La combinaison des deux effets est possible. On parle alors de conflit mixte. Cette butée est responsable de lésions du labrum et/ou du cartilage.

Conflit “came” conflit “pince”
  • hommes jeunes (20-40ans)
  • déformation jonction tête-col
  • tête asphérique
  • lésion cartilagineuses puis labrales quadrant antéro-supérieur
  • délamination cartilagineuse
  • femmes jeunes
  • acétabulum profond
  • rétroversion (croisement, paroi postérieure, épines sciatiques)
  • atteinte labrale antéro-supérieure
  • chondropathie postéro-inférieure et antéro-supérieure

la rééducation : alternative à l’opération

Un travail spécifique portant sur la correction des mouvements limités peut améliorer le patient et lui éviter la chirurgie. Doit être tentée de principe. En cas d’échec, et si le retentissement sur les activités physiques et sportives est préoccupant, une arthroscopie de hanche doit être discutée.

L’évolution spontanée

En l’absence de traitement, une coxarthrose risque de se développer et nécessiter une prothèse.

À retenir : l’abstention chirurgicale peut conduire à des lésions irréversibles de la hanche.

Le principe de l’opération ?

L’arthroscopie de hanche est une chirurgie articulaire conservatrice. La correction du conflit doit réduire la gêne et les douleurs, puis permettre la reprise du sport. Cette technique a prouvé son efficacité au stade pré-arthrosique (peu de lésion du cartilage), et dans ce cadre sa supériorité à la rééducation isolée.

L’intervention

Une table de traction permet de sub-luxer la hanche sous contrôle radioscopique et élargir la zone d’exploration. Ainsi les outils introduits n’endommagent pas le cartilage.

Traitement des lésions associées :

Un fragment de labrum peut être réséqué lorsqu’il est trop abimé, ou refixé sur l’os avec un système d’ancres. Enfin les lésions mineures du cartilage peuvent être avivées ou un processus de régénération peut être initié par micro fracture ou perforation.